Au secours j’ai 30 ans et des poussières

img_6439Il y a quelques mois j’écrivais ces quelques mots sur le passage de mes 30 ans, étape qui était passée comme une lettre à la poste. C’est vrai, au passage de mes 30 ans, je me suis sentie puissante et invincible.

Le titre de ce billet est emprunté à un livre que j’ai eu pour Noël. Toujours immobile sur ma table des nuit,  ces « poussières » sont comme l’écho de mes pensées. 30 ans c’est facile, mais 30 ans et des poussières c’est bien plus compliqué.

Depuis quelques temps je me sens prise d’une envie de figer le temps, de graver les moments en famille, celle de rester là, assise sur mon tapis, à les regarder sourire et rire. J’oscille entre la fierté d’avoir construit « tout ça », de nager dans le bonheur, et me dire qu’un jour « tout ça » sera fini, que je vais m’éteindre dans un coffre en bois. Non mais sérieux, suis-je la seule à avoir ce genre d’idées ?

A 30 ans j’étais encore dans la force de l’âge mais à 30,5 je me vois passer dans « l’autre moitié » de la vie, vous savez celle où les cellules arrêtent de se reproduire aussi vite qu’elles s’éteignent.

Ce n’est pas une dépression, juste une étape, une remise en question. Ma propension à tout remettre en question à parfois de vilains défauts, comme celui de remettre en question l’intérêt d’être heureux.

A 30 ans j’étais au top, mais à 30 et des poussières j’ai aperçue des petites rides à droite à gauche, j’ai trillé les photos et croisé mon visage vieillis sur quelques clichés. A 30 ans et des poussières j’arrive à pincer la peau de mes joues. Puis est revenu en moi le souvenir d’enfance où je pinçais celles de mes parents, que je riais de ne pas pouvoir faire de même avec les miennes: mes joues de petites filles, toutes roses et rebondies. Maintenant j’y applique du blush et des crèmes miracles…

A 30 ans et des poussières je me suis aussi rendue compte que la peau sur mon bidon, comme celle de mes joues, avait changé. Ce petit bourrelet persistant me fait comprendre qu’une grossesse à 30 ans n’est déjà plus la même qu’à 25.

Je rêve d’une famille nombreuse, plus nombreuse encore, mais j’ai parfois des doutes quant à mes capacités.

Il y a peu j’ai voulu repartir dans ma vie d’avant, tout défoncer, retrouver une carrière de rêve, revivre à 100 à l’heure pour arrêter de penser. J’ai foncé tête baissée. Après deux grosses déceptions, je n’ai pas abandonné mais j’ai compris. J’ai compris qu’avoir 30 ans et 3 enfants, ne n’est plus comme rentrer dans la vie active à 20 ans.  A 30 ans on ne fait plus vraiment partie de ces gens « façonnables ». On se trimballe avec une expérience censée valoriser le poste. A 30 ans on a des « prétentions salariales » qui là aussi sont censées plus ou moins coller. A 30 ans, on a normalement un « objectif de carrière ». Et franchement tout ce pipo à tendance à sérieusement m’énerver.

L’étape des 30 ans n’est pas si simple. J’ai envie de croire que c’est une – belle – étape à passer. Après avoir essayé de rentrer dans les cases et m’être cassé la gueule. J’ai réalisé que je ne veux surement plus tenter d’y entrer, ni avoir un objectif de carrière. Tout ça ne sert à rien la vie est trop courte et au final nous serons tous dans une boîte en bois, carrière ou pas. J’ai revu mes priorités sur ce que je souhaite vraiment professionnellement: aider une entreprise sympa à grandir, avec des patrons et une équipe de gens cool, nourrir mon esprit, apprendre, carrière ou pas carrière.

Cela faisait quelques semaines que je pensais à ce billet, que je réfléchie à comment organiser tout ça dans ma petite tête: mince, je n’ai « que » 30 ans. J’en ai parlé autour de moi et il semble que je ne sois pas la seule touchée par ce malaise de la trentaine. De sages personnes m’ont fait part d’idées rassurantes. Les années qui passent c’est aussi nos enfants qui grandissent, l’opportunité de les accompagner, d’avoir des petits enfants, de continuer d’embrasser des joues roses et dodues, avoir d’autres projets, de s’écouter, faire grandir nos âmes mais surtout toujours positiver et regarder la vie du bon côté. Rien de bien nouveau mais dont le rappel ne fait pas de mal.

Alors fini la pression, j’annonce qu’en 2017 je rentre de nouveau dans une phase « j’avance, je tâte, doucement mais surement », sans pression. Vivement que le thermomètre reprenne quelques degrés pour aller courir, puis aussi reprendre le yoga/pilates qui aident à se sentir bien. Vivement aussi qu’un de nos -multiples- projets démarre. En attendant, je compte bien sur la semaine à Singapour en amoureux pour mettre à plat l’existant et refaire pleins de projets sur la comète avec le chéri. Vive la vie. Vive la trentaine.

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