[Expatriation] La mélancolie des tout petits

Miss Choufleur s’est très bien adapté à notre retour en France. Après presque 3 mois, elle est toujours contente d’aller à l’école (même si il y a des jours « sans »). Nous profitons vraiment de ce que nous avions pas au Gabon : les promenades en poussette, le parc, le cinéma, les spectacles, les petits restos.

Bizarrement, elle commence tout doucement à me reparler du Gabon. Est-ce qu’elle réalise que la « pause » est plus longue que d’habitude ? Je ne lui ai jamais rien caché, j’ai toujours expliqué et réexpliqué. Depuis que nous vivons à l’étranger, nous avons l’habitude de rentrer un mois tous les cinq mois. Mais cette fois, avec l’arrivée du bébé, et les élections au Gabon, nous avons décidé de terminer l’année scolaire en France. Depuis Janvier, je la prépare donc à nos plans: qu’elle va changer d’école, devoir mettre un manteau et une écharpe, rencontrer de nouveaux amis. Et tout s’est très bien passé, même sa nouvelle maîtresse a été surprise de sa capacité d’adaptation !

« Maman, je veux repartir dans la maison jaune et verte »: ce sont ces mots sortis un soir entre le lavage de dents et l’histoire du soir. Moi qui pensais que tout était passé comme une lettre à la poste et que ma technique avait fonctionné… Je me suis retrouvée sans voix, sans savoir quoi répondre. Mentir ? Dire que je ne sais pas ? Va-t-on repartir au Gabon ? Partir ailleurs ? Quand exactement ? Je ne sais pas. Forcée de voir que rien n’est jamais acquis, je n’ai rien trouvé de mieux à lui répondre que le Gabon, c’était terminé et que maintenant nous étions en France.

Le soir venu, j’ai repensé à ma réponse et j’ai regretté d’avoir voulu si vite clore le sujet. C’est vrai que c’est assez particulier de ne pas savoir, de vivre à l’étranger et de bouger régulièrement, faire et défaire son petit cocon. Mais je considère cette vie comme une force pour mes filles. Et c’est ça que j’aimerais lui transmettre: lui faire voir les belles choses de cette vie plutôt que les mauvaises.

Le lendemain, nous avons appelé son copain Soren du Gabon par Facetime. Je l’ai vu tout émue de le voir et l’entendre, avec les larmes aux yeux. Normal pour une petite fille de son âge, elle ne savait pas vraiment quoi dire au téléphone mais j’ai senti que ce moment lui suffisait. Alors après, bien sûr, elle m’a répété qu’elle voulait prendre l’avion pour aller le voir, pour retrouver ses copains de la-bas.

Je lui ai dit que peut-être nous reprendrons l’avion pour aller la-bas. Mais peut-être qu’à ce moment là Soren sera parti. Peut-être que nous le reverrons ailleurs ? en France ? Qui sait ? Mais peut-être que nous partirons dans un autre pays et qu’elle rencontrera de nouveaux amis. Alors, il faudra quitter ses copains, sa maîtresse, les papis et mamies…

En France, elle peut profiter des parcs, du manège, des petits restaurants, du cinéma… Qu’au Gabon, elle avait la plage et le soleil. J’ai essayé de lui expliquer que nous ne pouvions pas avoir tout, partout, tout le temps, et qu’il faut profiter de ce qu’on a au moment où on l’a. Cette grande fille aura la chance d’avoir beaucoup d’amis, partout à travers le monde.

Mais ce qui est sûr c’est que nous serons toujours réunis, elle, ses deux petites soeurs, son papa et sa maman.

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2 thoughts on “[Expatriation] La mélancolie des tout petits

  1. Pauvre puce, c’est vrai que ça ne doit pas être facile pour elle. Mais à mon avis ta manière de faire est la meilleure, lui expliquer, lui montrer ce qu’elle a en France qu’elle n’a pas au Gabon (notamment ses grands-parents). Et comme tu dis, l’important c’est que vous puissiez être tous les 5 ensemble.

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