Loin de l’accouchement rêvé… Ma césarienne programmée sous anesthésie générale

Après deux accouchements très différents, j’avais une idée bien précise du 3ème accouchement que je souhaitais. Pour la petite histoire, Miss Choufleur est née par voie basse, sans déclenchement mais avec péridurale (si tu veux lire toute l’histoire c’est par ici). On peut parler d’un accouchement de rêve. Miss Momie est née par césarienne en urgence (intégralité par ici).

Cette fois il était hors de question d’envisager un déclenchement. J’avais eu bien trop mal et l’issue avait été bien trop mauvaise. J’étais prête à attendre. Je m’étais préparée un protocole pré-accouchement en béton ! Je faisais confiance à mon bébé, il sortirait quand il serait prêt. Je n’étais pas pressée. J’ai donc fait le maximum pour rester zen jusqu’aux derniers jours, à jauger au mieux entre la marche pour faire descendre bébé et le repos. J’avais confiance sur le fait d’accoucher par voie basse. Je l’avais déjà fait, c’est un 3ème, les choses devaient aller vite. J’envisageais aussi de faire la plus grande partie du travail à la maison et éviter peut-être la péridurale. C’était loin d’être mon objectif, simplement une éventualité si le travail avançait vite (l’espoir fait vivre).

Le 04/04 – 41SA – 9H : Visite du jour du terme à l’hôpital. Ils décident de recontrôler mes plaquettes car le dernier contrôle remonte à 36SA. Pas de contraction, col fermé, à peine ouvert à 1 mais même « pas sur toute la longueur ». Je rentre à la maison.

Le 04/04 – 16H30 : je tente de faire passer le temps et de profiter de mes grandes en faisant du coloriage. Je reçois un coup de téléphone de l’anesthésiste, ça ne sent pas très bon… Ils ont découvert un problème de coagulation sur mes analyses. Pas très grave en soi, sûrement une anomalie génétique qu’ils n’avaient jamais vu sur les analyses « classiques ». Super je sens venir la mauvaise nouvelle… Dans mon cas, elle refuse de pratiquer la péridurale / rachianesthésie. J’ai tenté la négociation par téléphone mais rien à faire. J’avais déjà eu deux péridurales mais je n’aurais pas dû. Ce qui expliquerait mon anémie et mon hémorragie. Je suis dépitée… Bien que je m’étais préparée à un accouchement sans péridurale, je n’étais pas prête à vivre un accouchement « sans option péri », sans joker. Je raccroche en convenant d’un rendez-vous le lendemain pour discuter des alternatives. Je serre fort les cuisses.

Le 04/04 – 19H – réunion au sommet post panique avec le chéri. Pour résumer j’ai deux options : 1/ tenter l’accouchement voie basse naturel 2/ Supplier pour une césarienne sous anesthésie générale. L’option 1 était tentante alors je commence à me renseigner sur internet et je regarde cette vidéo au top du top. Je me dis pourquoi pas moi et j’ai presque envie d’essayer. Puis je me rends compte qu’elle est aussi très risquée. J’ai déjà eu une césarienne, donc plus de chances d’y repasser. Ensuite j’ai passé mon dernier accouchement à souffrir le martyre avec un col qui ne dilatait pas. Enfin j’ai fait de « beaux bébés » donc compliqués à descendre… Et si ça dérape, c’est anesthésie générale en urgence illico. Je suis ma raison et décide de demander une césarienne en anesthésie générale dès le lendemain. Je serre fort les cuisses, nuit blanche, pourvu qu’il ne décide pas de sortir maintenant.

Le 05/04 – 9H – Je rencontre l’anesthésiste, puis le gynécologue présent à l’hôpital. Ils sont très compréhensifs et prennent le temps qu’il faut pour discuter. Je leur fait part de mon souhait, qu’ils comprennent et acceptent très facilement alors que l’hôpital a un taux de césarienne de 16% (ça me paraît bas n’est pas ?). En même temps je les voyais mal m’obliger à accoucher dans ces conditions…C’est un choix très personnel auquel le personnel médical peut difficilement s’opposer. Je repars en me disant que j’ai vraiment la poisse des accouchements, mais peu importe, j’aurais enfin mon bébé dans les bras le lendemain. Je prépare mon dossier d’admission et les prises de sang puis c’est parti pour serrer les cuisses 24H de plus.

Le 06/06 – 8H – Les papi et mamie sont venus garder les poupées à la maison, et nous voilà partis pour la maternité. Le personnel m’attend et m’installe directement en salle d’accouchement ou je rencontre l’anesthésiste. Je lui explique que je tousse et que j’ai peur pour la douleur post opératoire. A la différence d’une anesthésie locale, qui dure 10H/12h, l’anesthésie générale n’endort pas la douleur car elle endort juste le patient. Elle me propose de faire une anesthésie locale pendant l’opération directement sur les nerfs (équivalent à la péridurale sans passer par la colonne vertébrale). Ils m’expliquent le protocole, puis m’installe en salle d’opération. Je rencontre alors la gynécologue qui va m’opérer. Elle doit avoir 70 ans, maquillée à la truelle, une tonne et demi de parfum, et des bijoux énormes qui scintillent… Euh… Elle s’est perdue ? Cette dame est-elle bien gynécologue ? Elle va m’opérer comme ça ? Je ferme les yeux, l’anesthésiste me rassure « ce n’est pas parce qu’on est médecin qu’on ne peut pas être coquette »… Hum, on va dire que cette réponse me suffira.. La jeune anesthésiste me rassure en me disant qu’elle connaît bien son métier. Ouf 😉

Le 06/06 – 9H30 : Ca y’est je suis prête à être incisé. Je tremble comme une feuille… Il faut savoir qu’en cas d’anesthésie générale, et pour ne pas que le bébé soit touché par le produit, ils attendent la dernière minute pour anesthésier. Ensuite, ils ont une dizaine de minutes avant que le produit atteigne l’enfant, mais le bébé est sorti seulement 5 minutes après ! Moi qui avait peur pour mon bébé, j’ai vraiment été rassurée car il ne recevra aucun produit..

Le 06/06 – 11H00 : je me réveille, je suis complètement dans les vapes et je crève de froid. Je pense que c’est ce qui m’aura le plus gêné dans cet accouchement. Je veux voir mon bébé, j’entends vaguement le personnel dire « elle a aussi froid on va les mettre ensemble ». Je suppose que mon bébé est une petite fille… Mon mari arrive, « c’est une fille ? » « Oui ». Elle a plein de cheveux !! Je l’aime déjà trop… Et nous voilà parties toutes les deux pour une séance de peau à peau sous la couverture chauffante pendant que je reste sous observation.

Le 06/06 – 12H : mon utérus a du mal à reprendre sa place. On me fait une écho et des caillots se sont formés à l’intérieur (je vous passe les détails de la tentative infructueuse de récupération des dits caillots à froid par la gynéco). Ils décident de me garder plus longtemps, si ça ne s’améliore pas, je suis bonne pour une nouvelle anesthésie générale pour aller les chercher. Super.

Le 06/06 – 17H : ils me font enfin remonter en chambre. Je rêve d’un coca, ou du sucre + de l’eau ce que vous voulez mais j’ai la dalle !!!

Bilan : 

Vous l’aurez compris, ce n’est pas du tout l’accouchement dont je rêvais. Mais je positive en me disant qu’elle et moi en sommes plutôt bien sorties.

J’ai aimé savoir que tout serait sous contrôle, pouvoir arriver reposée le matin et être rassurée que mon enfant ne serait touché par aucun produit. C’est quand même la tendance « bobo j’accouche sans péri parce que je le vaux bien » alors accoucher sous anesthésie générale, je culpabilisais déjà… à tort. Je me suis très vite remise de cette césarienne, versus la précédente, sûrement car elle était programmée. Il n’y a pas eu les contractions et la fatigue d’un accouchement avant et mine de rien je pense que le personnel prends plus de temps. Ils ont aussi fait très attention à éviter les hémorragies dans mon cas. J’ai pu sortir 4 jours après, en même temps que celles qui avaient eu un accouchement voie basse et qui étaient rentrées le même jour.

J’ai moins aimé mon réveil ainsi que tous les anti-douleurs (y compris morphine) que j’ai dû avaler pour ne pas mourir de douleur. Les premiers jours avec une césariennes sont quand même plus difficiles psychologiquement : ne pas pouvoir s’occuper de son bébé, ne pas pouvoir bouger et dormir… L’anesthésie générale et tout ces produits m’ont quand même beaucoup plus fatiguée. Même si je vais bien niveau douleur et santé, je suis complètement au radar si je reste debout plus de 15 minutes…. Il va falloir du temps pour que mon corps élimine tout ça… Autre chose, j’avais choisi de garder la surprise du sexe, la magie s’est un peu évanouie avec cet accouchement. Le personnel et le papa l’ont su avant moi et j’étais un peu déçue de ne pas pouvoir découvrir le sexe de mon bébé juste après la naissance. J’imaginais tellement le moment où l’on me poserait le bébé sur mon ventre…

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8 réflexions au sujet de « Loin de l’accouchement rêvé… Ma césarienne programmée sous anesthésie générale »

  1. Tu auras vécu 3 accouchements bien différents, mais toujours en mode warrior ! En tout cas, on est ravi de l’arrivée de cette miss pleine-de-cheveux, avec qui j’ai très exactement 30 ans de différence d’ailleurs !
    Bises à tous les 5 et à très bientôt !

  2. oh c’est vrai que pour la surprise c’est dommage, surtout que tu l’as entendu a une conversation qui parlait d’elle. bref, le principale comme tu dis c’est que vous allez bien. bisous !

  3. Loin d’être un accouchement rêvé mais ta petite est dans tes bras et finalement c’est le plus important 😉
    Chapeau d’avoir réussi a ne pas demander le sexe de l’enfant lors du suivi! Personnellement j’en ai été incapable, peut-être pour bébé n°2 :p

  4. Dur choix. Je redoute la césarienne comme de la peste. Un peu la sensation que finalement sans « la douleur des contractions et la poussée », la grossesse n’est pas réellement terminé. Je pense que j’aurais du mal à faire le deuil de mon gros ventre.

    • Ne la redoute pas. Restes zen. Comme beaucoup m’ont dit, le principale c’est que la maman et le bébé se portent bien. Préparés toi bien en prenant des bains chez toî et pars à la maternité au dernier moment ça m’a bien aidé pour le premier accouchement. Le pb c’est qu’en cas de cesarienne une fois, Apres elle pèse sur toî pour les prochains 🙁

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