Ecrire avec mes mots #jesuischarlie

hommage-charlie-hebdo-22C’est qu’en fin d’après-midi, quand j’ai ouvert mon instagram, quand j’ai vu tout ce noir, que j’ai compris.

Je ne sais toujours pas ce qu’il s’est passé exactement. J’aurais pu regarder les infos en large et en travers, fouiner sur Youtube… Mais il n’en est rien. je ne veux pas en savoir plus. Savoir que des gens ont été sauvagement massacrés pour avoir dessiner me fait si froid dans le dos.

Je n’ai pas l’habitude d’écrire sur un coup de tête, prise par de telles émotions. Mais depuis hier je ressens l’envie d’écrire, de poser mes mots sur cet chose horrible (je ne peux pas écrire le mot, je ne réalise pas encore).

J’ai quitté la France il y a 7 ans car j’étais en mal du pays. J’avais mal de voir la prolifération de l’individualisme dans une nation qui se croit exemple de l’Etat Providence. Marre de regarder ce pays se scléroser, d’entendre les gens se plaindre de n’importe quelle proposition sans jamais chercher de solutions. Mais surtout, et plus que tout, marre de voir ces gens d’en haut. Ceux qui devraient nous diriger, nous faire rêver, nous donner envie de nous battre. Non, ces personnes se contentent de tirades sans fin pour amadouer les plus vulnérables. Ces personnes se cachent, n’assument rien et attendent le fameux cap des cinq ans pour laisser place à leur équivalent qui reviendra forcément sur les seules avancées de son prédécesseur

Je ne pouvais plus. Je ne voulais pas lutter pour trouver un travail en France et gagner une misère. Je ne voulais pas me faire diriger par un directeur de 60 ans qui pense que je ne connais rien à la vie parce que j’ai 23 ans. Je ne voulais pas attendre des années afin de me convaincre de ma situation stable pour donner la vie sereinement. Non je voulais du fun, des imprévus, de l’aventure des surprises et surtout rêver. Rêver d’une future famille, de voyage, et profiter de chaque jour sans penser à la veille, sans me soucier d’avoir à pointer au chômage ou de bien toucher mes APL.

J’étais déçue de ce pays. Bien sûr c’est mon pays, le plus beau, et j’y reviendrais quand je serais prête, quand j’aurais digéré. Peut-être que d’ici là les choses auront changé. Décidément, les rêves et moi nous faisons qu’un.

Alors hier, quand j’ai compris, mon ventre s’est noué d’une telle force… Je ne pouvais pas pleurer. C’était trop grave. Je suis loin, très loin, trop loin. J’étais seule, dans une bulle, mais en sécurité. J’ai pensé à mes amis, ma famille, j’ai ressenti la peur que vous pouvez tous ressentir en France, ce sentiment d’insécurité dans un pays qui n’est même plus capable de nous protéger. J’ai regardé mes filles jouer sereinement. Si elles savaient ?

Et puis, comme tous les soirs, j’ai ouvert mon twitter, mon facebook et mon instagram, j’ai vu et lu vos réactions, vos dessins, vos billets de blog, les rassemblements dans les rues, les bougies sur les balcons…. Les larmes sont enfin montées. Je n’ai rien pu faire. C’était trop facile, j’avais trop de sentiments, trop de choses dans le coeur qui ne pouvaient être résumées en une image. Alors je poste aujourd’hui, à ma façon. Je pense si fort aux familles et à la liberté d’expression. Est-ce que cette chose si horrible est vraiment arrivée ? Est-ce mon pays que je vois de si loin ?

Je me suis trompée. Mon pays n’est pas celui que je pensais. Mon pays est fort. Mon pays est beau. Mon pays n’a pas peur. Mon pays est plein d’amour et solidarité. Je suis fière de lui, de vous.

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