En réponse à tout ceux qui m’em******

Après un an de pause, je m’apprête à retrouver le chemin du boulot.

Je suis une chanceuse car j’ai le choix, le choix de choisir de travailler ou de rester à la maison. Alors quand j’ai dit que je quittais mon travail il y a un an, j’ai bien sûr eu droit à des regards et des remarques de petite fille trop gâtée. Mais j’ai senti un soulagement : c’est bien elle prend la décision d’élever ses enfants et d’être la pour eux blablabla…

Oui j’avais besoin de passer du temps avec mes filles, de lancer le deuxième, de me retrouver en famille après tant de mois de séparation. J’ai fait un choix.

J’ai passé une année géniale, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, j’ai profité. J’ai écouté mes envies et pris le temps pour tout. Aujourd’hui je ressens le besoin de travailler, de m’épanouir à l’extérieur de ma famille. Depuis que j’ai annoncé cette décision, j’ai régulièrement besoin de me justifier. J’ai envie de travailler. Un point c’est tout.

Mais malgré ma carapace de fille sûre d’elle qui maîtrise sa vie, je suis normale. Oui j’ai peur, peur de ne pas arriver à gérer mais surtout oui j’ai peur de ne plus profiter de CHAQUE seconde avec mes filles. Je culpabilise déjà de ne plus être là pour elles à CHAQUE instant. Je les aime mais tellement fort, à me rendre malade alors oui je me demande si cette décision est bien pour elles ! Quand, en plus de ces questions, je me prends des réflexions directes et indirectes de la part de gens censés me soutenir, ça me rend tellement triste.. J’aurais aimé entendre « vas-y fonces, tu es capable, tu ne prends pas de risques…

Je ne dis rien parce que je les aime, parçe qu’ils me manquent, que je suis loin et que je ne veux pas gâcher le peu d’échanges qu’on arrive à avoir mais putain qu’est-ce que ça fait mal.

Non je ne pars pas travailler pour gagner de l’argent, oui je pourrais vivre sans. Oui je pars travailler parce que je le veux, parce que j’aime ça, parce que ça doit faire parti de ma vie surement. Voilà c’est dit, c’est par égocentrisme, pour MOI mais aussi pour ma famille… Je n’ai rien à prouver à personne, je me fou de ce que les gens pensent mais j’aimerais juste que mes proches me soutiennent. Une partie de moi voudrait faire comme si de rien n’était, ne pas entendre, une autre partie à un besoin de parler, de crier, de s’opposer.

J’ai tellement réfléchit, tourné le pour et le contre avant de prendre la décision de travailler que je ne supporte plus les critiques. Mon choix n’est peut-être pas permanent mais il est réfléchit (y’à que les cons qui ne changent pas d’avis il paraît…).

Je suis trop sur mes filles, à vouloir que tout soit parfait, à m’en vouloir dès que quelque chose va de travers. Je surveille tout, le nombre de minutes de sieste, ce qu’elles mangent, boivent, ce qu’elles font. Miss Choufleur fait pipi au lit depuis 3 jours ça me rend malade… A être trop maman poule, j’en deviens plus stressée qu’au boulot… J’aime les cocooner mais j’ai besoin de prendre du recul et de les laisser respirer sans moi…. Juste pour apprécier ces moments sans calculer.

Je sais que je ne changerais pas et que je vais continuer de surveiller, de vouloir que tout soit parfait. Et pour ça il va me falloir une super oganisation comme dit ma belle-maman mais je vais y arriver. Je serais encore plus heureuse de m’occuper d’elles le matin, de regarder les dessins animés avec miss choufleur, de la récupérer à la crèche après une bonne matinée de boulot, de déjeuner en famille (ça aussi c’est une chance) et de rentrer en fin de journée pour PROFITER. Les câlins avec Miss Momie le midi et le soir n’auront plus la même saveur. Ce n’est plus systématiquement moi qui ferais à manger ou les courses. Ca va mettre un peu de piment dans notre vie de couple aussi. Chéri sera fier de moi et ce sera l’occasion de le faire déconnecter un peu de son boulot pour s’impliquer plus dans la cuisine par exemple (faut dire qu’il a un peu perdu la main ces derniers temps à en croire le repas de dimache soir 😉 ).

Je ne veux pas avoir à dire plus tard que j’ai sacrifié ma vie à mes filles et mon mari. J’aime m’occuper de ma famille, cuisiner, coudre, papoter mais j’aime aussi travailler, être au centre de « vraies » affaires. Oui les mamans et le travail c’est comme une partie de force basque, tiraillée sans cesse des deux côtés pour savoir qu’elle est LE bon choix. Est-ce qu’il existe ? Franchement je ne pense pas. Le mien aujourd’hui c’est de repartir au travail. J’aurais aimé être soutenue à 100% mais si ce n’est pas le cas tant pis. J’avancerai quand même.

Mieux vaut être une maman qui travaille épanouie qu’une maman à la maison qui ne l’est pas. Je ne le serais peut-être pas. si tout était écrit d’avance ce serait presque triste… C’est tellement bon de croire, de tester, pour mieux se comprendre et se connaitre. Parfois je sais ce qui est le mieux pour moi, parfois j’ai besoin de tatonner, de me jeter à l’eau. Je me sens comme ça là, prête à entrer dans le jeu.

J’aimerais que les gens s’occupent de leur vie et arrêtent de regarder ce qui se passe chez les autres et de donner leur avis quand on en le demande pas., qu’ils arrêtent d’être jaloux et de juger (maman bisounours sort de ce corps):

Cet après-midi j’ai quand même croisé une femme me disant mot pour mot :
-« ah j’ai hâte que tu me racontes ton travail on va rire! »
-« Hum mais pourquoi ? »
-« Je sais plus à qui je disais que tu allais bosser avec XX… » (déjà d’ou tu racontes ma vie à je ne sais qui, tu n’as pas mieux à faire ?) « Et machin bidule m’a dit « ah c’est parce qu’il veut se la faire ». Il parait qu’il saute sur tout ce qui bouge. T’as pas peur ? Et ton mari ça va il le vit bien ? ». ( je bouillonnait tellement que je n’ai rien répondu).

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Un petit moment en famille la semaine dernière.

One thought on “En réponse à tout ceux qui m’em******

  1. ça valait le coup de te le faire republier! très bon texte et j’ai connu les deux solutions et tout s’est bien passé! Et pour finir quelle conne cette nana (cf anecdote de fin)

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