Et si on pouvait avoir deux vies ?

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Il y a deux semaines, j’ai été contacté sur Linkedin pour un job à Berlin. L’annonce me correspondait parfaitement : développement du marché français, agence publicité mobile, basé à Berlin (j’ai adoré cette capitale… qui n’en est pas vraiment une pour moi d’ailleurs…). Bien qu’en Afrique, je n’ai pas fermé la porte, et nous avons donc échangé quelques emails sur l’éventuelle possibilité de travailler depuis l’étranger avec quelques déplacements en Europe. A noter que j’avais le même job depuis Barcelone, développer le marché français avec seulement 1 à 2 voyages par an.

Au final, ça ne se fera pas. La RH m’a confirmé que je correspondais au poste mais qu’elle voulait quelqu’un dans les bureaux de Berlin. Cet argument est tout à fait logique. En tant qu’employeur, je ne recruterais pas quelqu’un à distance, sauf si cette personne connaît les rouages de l’entreprise.

L’histoire est finie. Mais ce n’est pas vraiment de ça dont je voulais parler aujourd’hui. Pendant ces quelques jours… j’ai vibré. J’avais cette petite excitation au fond de moi, celle de m’imaginer à Berlin en working girl, de troquer mes tongs pour des escarpins, de déjeuner en ville, de faire des rencontres boulot.

La même sensation qu’en 2009, celle qui m’avait faite vibrer quand je me suis lancée dans l’aventure à Barcelone. Nous vivions alors en Allemagne, c’était en novembre, il faisait froid, la nuit venait à 15H. Je rêvais de Barcelone, de ses rues chaleureuses, de tapas, et de vie à l’extérieur. Je venais à peine d’entamer ma dernière année de master par correspondance. Postuler était un peu fou, mais je ne pouvais pas passer à côté.

Après un aller / retour à Barcelone, c’était confirmé, j’étais prise. Je commençais mi-janvier. J’étais tellement heureuse qu’on me fasse confiance avec ma si petite expérience. Je me sentais capable de déplacer des montagnes. J’avais mes cours, l’année venait de commencer… Tant pis je les ferais en même temps ! Quant au Chéri,  je savais qu’on était capable de surmonter la séparation pour quelques mois. On verrais bien ensuite. Il fallait que le fasse.

J’ai passé 6 mois à vivre à 100 à l’heure : le boulot la journée, parfois jusque tard, les cours le soir et le week-end. Je refusais les restaurants entre collègue pour travailler entre midi et deux sur mes cours. J’étais passionnée par tout ce que j’apprenais, curieuse de tout, je voulais apprendre et encore apprendre, me noyer sous les stats, améliorer mes compétences, vite, vite, vite.

J’ai bossé comme une tarrée. J’avais la chance que tout aille dans mon sens. Je savais où je voulais aller. C’était MA priorité. J’avais développé une addiction au travail, je voulais être au top !

Chéri a pu me rejoindre 1 mois plus tard. Nouvel appart, nouvelle vie pour tous les deux. C’était excitant. Cette période s’est achevée par la concrétisation d’un CDI et un diplôme de master. Parfait.

Et bien cette semaine j’ai ressenti la même excitation que début 2010… Cette petite boule au ventre qui te dit qu’en quelques temps, tu peux tout changer, basculer. Une partie de moi voulait garder cette insouciance, jouer le jeu jusqu’au bout et une autre me disait que c’était une illusion…

Avant j’étais seule, je vivais égoïstement, je pensais qu’à moi. Mes décisions n’engageaient que ma petite personne. Maintenant j’ai des petites vies à gérer. J’aime la devise « si on veut on peut », donc ce job à Berlin, si je voulais je pourrais. Certes.

Mais est-ce que je le veux vraiment ? Est-ce que je veux partir de ce petit cocon que j’ai enfin créé en Afrique ? Est-ce que je veux que Chéri et moi soyons séparés ? Et surtout séparer les enfants de leur papa ? Est-ce que je veux reprendre un rythme de vie métro, boulot, dodo ? Est-ce que je veux voir mes filles le soir de 19h à 20h ? Les confier à des nounous toutes la journée pendant que je fais ma working girl ? Voir passer leur enfance à toute vitesse…

Ah la fameuse question de la carrière VS la vie de famille. On m’en a beaucoup parlé. Avant d’avoir Miss choufleur, j’étais sûre d’être une de celle qui pourrait tout gérer, sa vie de famille et sa carrière. Je sais que certaines y arrivent très bien (ou montrent qu’elles y arrivent très bien). Des personnalités comme Marissa Mayer étaient mon exemple. Vraiment.

Après avoir essayé 6 mois, dont 3 mois seule avec bébé, je confirme que j’ai réussi à tout gérer: boulot, bébé, vie sociale… Mais je me suis aussi rendu compte que le temps filait, et que « gérer » n’était pas « profiter ». Je rentrais le soir et la nounou me disait « elle a fait telle ou telle nouvelle chose ». Bouuuu qu’est-ce que j’avais mal au coeur de ne pas avoir été là….

En tant que perfectionniste, je me suis rendu compte que je n’étais plus autant addict à mon boulot. C’était frustrant voire ennuyant. Cette passion s’était comme divisée, pour laisser une grande part à mon bébé.

Quand j’ai eu le choix de devenir mère au foyer. J’ai sauté sur l’occasion, tout en sachant que cette facette de working girl me manquerait. Je confirme.

Mais je suis aussi devenue plus mature, je me connais, j’aime faire les choses bien. Et je ne suis pas Marissa Mayer. Une addiction à la fois.

J’ai choisi de prioriser ma vie de famille. Ma vie s’est ultra-simplifiée. Je suis à l’écoute de tout, de ma fille, de moi-même, de mon mari.

Concrètement, je suis là à chaque réveil de ma fille, je ne suis pas stressée, je lui prépare de bons petits plats, je prends le temps de lire des livres avec elle et de discuter à table. Je l’amène à la crèche. Je viens la chercher. Je l’amène voir d’autres enfants l’après-midi, on fait des gâteaux. Je profite à 100%. Et ça n’a pas de prix car ce temps là n’est pas éternel…

Je sais que j’ai fait le bon choix. Chaque chose en son temps. Je vis à fond ma vie de famille, en espérant au fond de moi retrouver un jour cette addiction au travail, revibrer pour ma vie de working girl.

Devenir maman est bouleversant. La preuve. Je n’aurais jamais pensé pouvoir écrire un tel billet, d’autant si personnel il y a 1 an.  

Je participe (modestement) à mon premier concours, celui du blog parents 2014 organisé par Famili.

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5 thoughts on “Et si on pouvait avoir deux vies ?

  1. je n’ai jamais fait des longues études, je me suis arrêtée en première année BTS. je n’ai jamais eu des taf de fou, j’ai toujours préféré faire des petits boulots, sans responsabilité, sans prise de tête. Partir à 18h et de plus y penser jusqu’au lendemain. j’ai toujours mis une priorité sur ma vie de famille et passer le plus de temps possible avec mon fils. Mais plus le temps passe et plus je suis frustrée d’avoir un « travail » de merde, je ne suis pas épanouie professionnellement et en même tps je ne fais rien pour changer les choses, trop peur, pas assez ambitieuse, ou je ne me sens tout simplement pas capable. je ne sais pas ce qui me ferai vibrer alors en attendant je continu dans ce sens mais parfois j’en ai gros sur le coeur. profite de ta famille le temps que tu pourras et ne culpabilise pas quand le temps viendra ou tu revoudras mettre tes talons hauts pour aller travailler car l’épanouissement professionnel est certes pas aussi important que celui de ta vie de famille. Mais il te permettra sans doute d’être encore plus heureuse et de ne pas regretté 🙂

    • C’est vrai que quand on passe beaucoup de temps au boulot, autant s’y épanouir… Surtout quand on est maman, on a besoin de temps avec bébé mais aussi de temps pour nous. Si c’est pour aller se faire masser ça le fait, mais le boulot c’est la bonne excuse 😉 Pas besoin de faire de longues études, mais juste de trouver le boulot qui te plaît. On est encore jeune, pourquoi ne pas faire un truc par correspondance ? Graphiste ça te plairait pas ? En plus tu peux bosser de chez toi. Tu peux aussi essayer de monétiser ton blog et de devenir rédactrice. Tu es douée et ça a l’air de te plaire… Moi je sais que tu es tout à fait capable !

      • oui je le monétise un peu mais ç’est loin d’être suffisant !! Pour pouvoir en vivre un minimum il va falloir attendre encore quelques années ^^ je sais que je n’arriverai pas à faire des études par correspondance, parfois je me dis que j’aurai plus de possibilité en france !

  2. Maman depuis 4 mois, chef de projet dans une banque d’investissement responsable, en congés sans solde de 2 ans pour profiter de mon bébé, cet article m’a presque fait monter les larmes aux yeux….j’aime le ton, réaliste sans être démoralisant, positif sans être rêveur. Bravo! Et merci.

    • Mille mercis pour ce gentil commentaire que je reçois… 10 jours avant de reprendre un travail. Après un an de « femme au foyer », j’ai finalement décidé de retenter même si je suis toujours dans le doute. Dur dur de concilier toutes ses envies quand on est maman.

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