Come back au boulot ! Mon retour de congé maternité…

Mon premier bureau

Mon premier bureau

Après avoir lu l’article En Europe, les mamans perdent leurs boulots, j’ai eu envi de partager mon expérience et ma vision du congé maternité, ou plutôt du départ du travail mais surtout du retour. Bien que ça remonte à plus d’un an maintenant, laisser un minimum de temps m’a permis de prendre du recul sur les bonnes et moins bonnes choses…

Quand on est enceinte, c’est pas forcément la première chose à laquelle on pense. Pourtant c’est important d’anticiper, car une fois l’euphorie passée, la vie reprend son cours…

Voici donc le récit de mon expérience (attention #pavé !) :

La situation avant bébé :

Janvier 2010: je rejoins une start-up web de 3 personnes en Espagne. Super motivée par le projet, je suis vite montée en responsabilité et la société s’est bien développée sur le marché français.

Janvier 2011: première promotion -> je gère désormais une bonne partie des opérations. Nous sommes 6/7 personnes et la société continue de se développer rapidement. Un nouveau collègue nous rejoint, qui deviendra rapidement un allié de choc 😉

Octobre 2011: Le patron nous propose une promotion pour gérer et partager « officiellement » les opérations à nous deux. Le portefeuille clients sera divisé en deux, et chacun aura sa propre équipe. Les « équipes » sont petites à ce moment là (1 à 2 personnes chacun) mais vouées à grandir assez vite (nous assurerons aussi notre recrutement). Il nous laisse cette gestion en quasi-autonomie pour se concentrer sur des projets long termes.

J’accepte…. et je profite de ce point pour annoncer ma grossesse et mon accouchement prévu fin mars. Petit moment de silence (annoncer sa grossesse au moment de l’annonce d’une promotion il y a mieux…), je le sens content pour moi bien que légèrement inquiet. C’est pas grave, on a le temps d’y penser et de s’organiser. Il faut laisser la nouvelle se décanter…

De mon côté, je me sens super bien, capable d’assurer jusqu’au bout (en Espagne il n’y a pas de congé maternité avant l’accouchement, sauf arrêt maladie si nécessaire). Je suis ravie de ce nouveau challenge pro, et aussi d’être future maman, bref tout va bien !

Janvier 2012 : mon super collègue et moi commençons à réfléchir à l’organisation de mon départ en congé maternité. Entre temps, on a bien recruté, en partie sur la partie opérations pour palier au développement et à mon futur départ. Nous sommes désormais une quinzaine d’employés. Il nous reste à voir l’organisation…

Premièrement, toutes les personnes embauchées ont été affiliées à mon collègue. Ca n’avait pas de sens de les prendre sous mon épaule sachant que j’allais m’absenter 4 mois, sans être remplacée. Du point de vue de la société donc, tout paraît normal et je le comprends. Mais forcément, d’une point de vue plus perso, j’ai été un peu déstabilisée, car si je n’avais pas été enceinte, on aurait continué à créer deux équipes distinctes…. A ce moment là l’entreprise c’est un peu mon « bébé », je veux ce qu’il y a de mieux pour elle.

Qu’avons-nous décidé ?

Pas de remplacement : inutile pour seulement 4 mois, d’autant que la force de ma position tenait au fait que je connaissais bien l’entreprise et son marché.

– La personne de mon équipe passera dans celle de mon collègue

Mes clients passeront dans son portefeuille

– Bien évidemment, il ne pourra pas tout gérer. Nous avons donc décidé de faire monter tout le monde en compétences. Ce serait l’occasion de promouvoir les plus anciens, mais surtout de responsabiliser nos équipes.

Au final, plus qu’une seule équipe, avec un seul manager.

Pendant deux mois, nous avons surtout travaillé sur la formation de l’équipe, de façon à diversifier leur activité et soulager une partie du travail de mon collègue.

8 Mars 2012 : la passation s’est bien faite, tout à l’air de bien tourner. Je pars sereine me reposer jusqu’à l’accouchement tout en suivant encore un peu à distance.

28 Mars 2012 : Accouchement et départ en congé.

Je profite à fond et déconnecte du boulot (mis à part quelques mails par ci par là pour me tenir au courant des bonnes nouvelles au bureau 😉 ). Tout à l’air de bien tourner. Je suis plutôt contente et j’ai hâte de reprendre !

Comment s’est passé mon retour de congé ?

Mi-Aout 2012 : retour au boulot. Je savais qu’il y allait y avoir un moment de plat…

Non seulement on était mi-août, mais surtout mon poste n’existait plus… Je le savais depuis le début, je n’étais pas dupe. Entre temps, mon collègue avait été officiellement promu « responsable des opérations » et donc de toute l’équipe (et j’étais ravie pour lui d’ailleurs).

Je pense que c’était le mieux pour l’entreprise, cela a donné un coup de fouet à toute l’équipe, il n’y a pas mieux pour relancer la motivation ;). Au moins je sais qu’on avait pris la bonne décision de ce côté là. J’avais aussi fait le tour de mon poste et j’espérais que ce soit l’occasion de faire autre chose à mon retour… (toujours très naïve la fille ;), genre on va lui créer un poste de ouf entre temps et l’attendre patiemment #mode100allesetunmars).

Même si j’étais dans une super boîte, avec des gens géniaux, le retour n’a pas été aussi facile…

A un moment, je pense avoir été indispensable aux opérations de l’entreprise, mais maintenant, clairement, je reviens dans une structure qui a fonctionné (et bien) sans moi pendant 4 mois. Mon sentiment est partagé entre la fierté d’avoir bien géré mon départ et la frustration de se sentir désormais inutile

Ok je fais quoi maintenant ?

– Beaucoup de monde en vacances, dont mon patron… Pas de poste officielle, je suis là sans avoir de place…

=> On positive : j’organise mon bureau, fais le point sur les news avec mon collègue et rentre tôt pour retrouver mon choulfeur (pour ça je ne vais pas me plaindre et je pense à celle qui revienne avec des piles de dossiers accumulés pendant leur congé… Ca existe ? :/ ).

Fin août : mon patron revient. Je le sens un peu distant, gêné mais je sais qu’il a confiance en moi, qu’il apprécie ma façon de travailler. Je pense qu’il n’a pas vraiment réfléchi à « l’officialisation » de mon retour (on est toujours en mode « start-up » hein 😉 ). Certains pourront dire que ça ne se fait pas, mais de mon côté, je suis plutôt compréhensive, on est des humains, c’est facile de critiquer mais je n’aurais peut-être pas mieux fait à sa place…

Il me propose de sortir de l’opérationnel, de m’occuper de la communication corporate (vaste sujet). Bref, ce serait un poste plus maniable au niveau des horaires et je pourrais acquérir de nouvelles compétences. Pourquoi pas, j’aime les challenge donc j’accepte (je n’ai pas vraiment d’autres choix de toute façon donc autant accepter avec le sourire), même si je suis déçue de quitter les équipes opérations et me retrouver seule dans un département (= plus de management non plus pour le moment).

– Septembre : je n’ai toujours pas de fiche de poste, aucune ligne directrice. je le relance régulièrement. J’essaie de prendre des initiatives pour créer le fil rouge du poste, mais je me rends compte qu’il ne sait pas ce qu’il veut. On avance pas. Par ailleurs, je n’avais eu AUCUNE promotion officielle. Du coup, il a fallu gérer les collègues demandant au détour des couloirs « et sinon tu fais quoi maintenant ?« , ou les clients qui ne savent pas que tu es revenue, qui te pose la même question. Bref dur dur… vraiment.

Les journées sont longues. Je fais mes heures, je discute à droite, à gauche. J’aide certaines personnes, donne mon avis parfois. Je fais beaucoup de veille sur le marché. Mais honnêtement, je ne bosse pas vraiment…

J’ai cette sensation bizarre de « vide », surtout après avoir été passionnée par mon job, d’avoir vécu des journées bien remplies, stressantes (du bons stress) et d’être au milieu des activités… Je suis tout à coup « de côté ».

Heureusement que j’ai ma petite famille et que le boulot n’est plus ma priorité (enfin c’est ce que je me mets dans la tête à ce moment là).

Fin septembre : revirement de situation. Les équipes se rendent compte que le Sales Manager n’est pas à la hauteur de son poste, et ce après plus d’un an dans la société. Le patron décide de le licencier et de mettre en place une réorganisation, en intégrant la partie commerciale aux opérations. En bref, cela voulait dire un nouveau poste clé, au sein des opérations, en binome avec mon collègue responsable des opérations. Mon poste idéal…

En tout honnêtteé, cette nouvelle organisation n’est pas arrivée comme un cheveux sur la soupe. Il y avait clairement un problème avec l’actuelle, il fallait un dirigeant commercial qui connaissent très bien les rouages opérationnels. Toute l’équipe était d’accord sur ce point depuis longtemps.

Mon collègue et moi, on était en quelque sorte les bras droits du patron. Je veux dire par là que nos avis comptaient dans ces décisions. Quand il nous a demandé ce qu’on en pensait, on a clairement poussé pour cette réorganisation, tout en sachant que je voulais ce poste. A côté de ça, tout le monde savait aussi que mon poste actuel était bancal… sans réelle raison d’être à ce moment de développement de la société.

L’histoire se termine bien car j’ai eu le poste que je voulais, le nouveau challenge que j’attendais. J’ai aussi repris ma place au sein des opérations, et mon travail en binome avec mon collègue., tout en travaillant sur le développement. J’ai par ailleurs repris la partie management de personnel France mais aussi soutenue le développement des autres pays en Europe. Bref génial.

Quel bilan de cette expérience ?

Naïvement, je pensais que ce serait beaucoup plus simple, que 4 mois c’était peu, que tout se passerait bien, voire qu’on m’attendrait avec un nouveau poste sous les sapin ;).

Finalement, je me rend compte que c’est plutôt dur psychologiquement (et je ne parle même pas du fait de laisser son bébé à une inconnue pendant ce temps). Je ne suis pas surprise que beaucoup de femmes ne retrouvent pas leur place à leur retour, voire soient poussées à démissionner. Encore une fois, je pensais que tout était « bisounours », qu’il n’y avait pas de différence Homme / Femme, que tout était rose. Je suis quand même bien tombée de haut… Si je n’avais pas eu mon caractère ainsi et surtout des gens de confiance (dont mon collègue qui a été super compréhensif) sur qui m’appuyer à ce moment là, j’aurais pu craquer et démissionner sur un coup de tête. Si ça avait été le cas, ça aurait été très dur d’assumer je pense… « Bonjour, oui j’ai quitté mon boulot car je n’avais plus de poste… » #hum…

Je suis loin d’être à plaindre, mais j’avoue m’être souvent sentie perdue, délaissée, avoir douté de mes compétences et de ma place dans cette société à mon retour. Reprendre le boulot, et même avec envie comme moi, c’est pas si facile, cela prend du temps, se prépare, et il faut savoir se refaire sa place.

Je pense avoir assurée sur la partie organisation avant mon départ, mais j’ai négligé celle de mon retour. Autant c’était difficile de réfléchir à ma vie personnel avec bébé, alors penser à ma vie professionnelle de maman… euh je ne me suis pas sentie capable d’y réfléchir et j’ai préféré attendre d’être face au mur….

Si je devais donner un conseil, je pense quil est important de réfléchir avant son départ à l' »après » et se forcer à se poser toutes les questions. Quelle sera ma place à mon retour ? Quelles seront mes tâches ? Comment puis-je mettre à profit ce congé pour mieux revenir ?

Et vous comment avez-vous vécu votre retour au travail ?

Hey sinon je participe (modestement) à mon premier concours, celui du blog parents 2014 organisé par Famili.

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