La maternité, celle dont on rêve et celle que l’on vit

Hier, je lisais un article sur la notion de maternité zéro, ou plus simplement, la différence entre ce qu’une femme rêve de sa maternité et la maternité qu’elle vit ensuite.

Depuis toute petite, mon rêve était d’être maman, peut-être comme toutes les petites filles. Je n’ai jamais joué aux barbies mais j’ai toujours mon bébé avec moi, dont je m’occupais, câlinais, etc. Adolescente, j’ai même commencé à avoir des peurs bizarres: est-ce que je pourrais avoir un enfant ? Peut-être suis-je stérile ? Je crois que c’était ma pire angoisse. Pour moi, être une femme c’était porter un enfant, donner la vie. C’était la plus belle chose au monde.

Je voulais être une maman jeune, pour mon enfant mais aussi pour moi, pour avoir assez d’énergie pour créer une grande et solide famille. Mais aussi pouvoir profiter de ma trentaine et éventuellement me recentrer sur ma carrière.

Quand j’ai décidé de me lancer, mon corps n’a pas été de cet avis…. Après 1 an d’attente, 1 an de traitements légers, et 6 mois de PMA, me voilà enceinte. Quel bonheur, j’allais enfin donner la vie. J’ai vécu 9 mois fabuleux, à me regarder le nombril, m’occuper de moi et donc de ce petit être qui grandissait dans mon ventre.

Cet enfant, j’en ai rêvé depuis des années et encore plus les derniers mois de traitements et d’attente. Sans m’en rendre vraiment compte, j’ai idéalisé ce futur petit être. J’imaginais un bébé, semblable à ma poupée babyborn de mon enfance. Un petit bout de nous deux, symbolisant notre amour. Une version édulcorée, à la manière des films à l’eau de rose (un peu comme le premier rapport sexuel d’ailleurs – je rêvais d’une « première fois » à la « Moulin Rouge »…hum…).

Voilà donc la différence entre la maternité avant bébé et celle d’après bébé. Avant, je pensais qu’être mère était instinctif, animal. Je n’ai lu aucun livre, demandé aucun conseil, très peu acheté de matériel. Je pensais que mon bébé me reconnaitrait, serait « mécanique », pleurerait dans les bras des inconnus mais se calmerait aussitôt dans les miens. Je croyais que mon odeur suffirait à l’apaiser, le calmer, que je pourrais continuer ma vie sans rien changer…

J’avais des principes aussi… J’avais tout prévu, calculé dans ma tête depuis toutes ces années où j’en rêvais, depuis celles où je m’entraînais avec ma poupée. Mon enfant dormira les premiers mois près de moi, il s’habituera à ma vie, mes habitudes.

J’avais omis que ce bébé aurait un visage, son visage. J’avais oublié que je donner la vie à un bébé certes, mais surtout à une personne, avec son caractère. Les pleurs incessant, les coliques, les crises non consolables ne faisait pas partis de mon histoire à l’eau de rose.

Est venu le jour de sa mise au monde. J’étais zen, reposée, exitée, j’allais enfin tenir ce bébé parfait dans mes bras. La sage femme me le pose sur le ventre et ce fût mon premier choc: ce n’était pas un bébé, c’était Elle, ma fille. Elle avait sa tête, son nez, ses cheveux, je ne l’avais jamais vue. Je la voyais pour la première fois alors que j’étais persuadée de la connaître depuis des années. C’était une inconnue, j’avais porté « une inconnue » pendant 9 mois et on venait à peine de se rencontrer… On s’est regardé longtemps ce jour là.

La première nuit fût calme, tout le monde dormait. Bébé a fait sa nuit (8h), Papa à côté. Je regardais paisiblement cette nouvelle petite famille.

La deuxième nuit, nouveau choc, elle s’est mise à pleurer, hurler pendant des heures. J’étais désemparée… Ne me reconnait-elle pas ? Est-elle déçue ? Peut-être ne suis-je pas la maman dont elle rêvait ? J’appelais les sage-femme à l’aide. Je voulais qu’elles la prennent, qu’elles la gardent. Ma fille n’était pas apaisée avec moi, elle ne m’aimait pas. Plus je la prenais, plus elle pleurait… Je pleurais avec elle. Et à partir de là, les chocs et les désillusions se sont enchaînés. Il a fallu être forte pour y faire face, je ne pensais pas que devenir maman serait à ce point semblable à un saut d’obstacles….

Ce bébé, ce n’était pas mon poupon d’enfance, c’était belle et bien ma fille. Il fallait qu’on apprenne à se connaître, comme n’importe quels êtres humains. Un bébé ça pleure, ça a des émotions, des sensations. La maternité ce n’est pas donner à manger, faire des câlins et de promenades en poussette. Non c’est avant tout avoir de la patience et être à l’écoute de son nourrisson.

Quand on lit certains livres, on pourrait croire que c’est facile, que l’enfant fait comprendre quand il a faim, soif ou que sa couche est pleine. Mais c’est faux. Quelle mère pourrait dire qu’elle a toujours compris les besoins de son bébé ? Au début on ne comprend rien, on est perdu, on donne toutes ses tripes, parfois sans aucun résultat. C’est ça être maman.

Mon enfant, j’ai finalement appris à le connaître. Cette petite fille magnifique, souriante, câline, joueuse mais aussi coquine et chipie. Celle qui se réveille parfois à 6h, d’autres à 9h30. Celle qui mange avec plaisir un jour et boude son repas le lendemain. Celle qui aime crier voire hurler, qui ne veut pas aller au pot. Bref, une poupée. Mais surtout celle que j’ai appris à aimer et que j’aime plus fort que tout. Chaque jour j’en apprend sur elle et je l’aime un peu plus. C’est mon bébé, ma princesse…mon Choufleur.

Merci de m’avoir appris à devenir Maman Miss Choufleur.

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20 thoughts on “La maternité, celle dont on rêve et celle que l’on vit

  1. Honnêtement j’ai toujours été un peu désabusée par tout ce truc de maternité.
    Mais ta façon de nous transmettre ton expérience est hyper réaliste, c’en est presque bouleversant.
    Ça sonne comme du concret, c’est palpable et comme à dit Laura ça me donnerai (presque) envie.
    Merci!

    • En l’écrivant j’avais peur de dissuader toutes les futures mamans, je suis rassurée de voir que ce n’est pas le cas, et qui plus est qu’il vous donne envie, car ç’est ma plus belle expérience 🙂

  2. article vibrant…je confirme avec mon expérience de vieille maman ….lol
    « les 2 amours de ma vie » sont mes enfants et pour toujours

  3. Ah je ne suis donc pas la seule a être passée par tout cela?!
    J’idéalisais également le rôle de maman, j’en ai toujours eu envie et étais persuadée que cela se ferai naturellement.
    Il est vrai que les livres que l’on trouve en plus n’expliquent pas cela, on y croit tout facile. Mais non cela s’apprend, pour bébé et pour nous! Et cela s’apprend avec chaque enfant! J’avais d’autres illusions la 2ème fois, me disant que maintenant je savais, j’avais vécu en vrai…mais non car c’est un autre petit être, une nouvelle personnalité, de nouveaux pleurs et il fallait qu’elle aussi apprenne que ce qu’elle ressentait était de la faim/du sommeil/de la peur/…
    Bref je m’étale un peu (comme souvent…) mais merci de ce témoignage, j’espère que cela aidera les mamans à ne pas paniquer et à se préparer à tout ce chamboulement!

    • Oh oh là là… J’attends le deuxième pour novembre et je pensais avoir compris déjà pas mal de choses moi aussi. Je pensais que ce serait plus simple aussi mais ton témoignage me laisse perpelexe 😉 En même temps tu as raison, qui dit nouvelle personne, dis réapprendre à se connaître. A la différence que cette fois, je sais que cette étape est incontournable !

  4. Je viens de lire ton commentaire à mon commentaire chez Linoqui’s 😉

    Merci pour ton billet que je partage entièrement ! C’est vrai que ce sont des êtres humains différents de nous, qu’on doit apprendre à connaître…et je crois que pendant ces 9 mois, et même après, nous n’en avons pas vraiment conscience.

    Encore 7 jours théoriquement ou peut-être plus, avant que je devienne maman à nouveau…

    A très bientôt.

  5. Pingback: Miss Momie fait ses nuits ! #bonnevolonté2014 | Talons Hauts...et Petits Pots

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