Le jour où j’ai décidé de changer de vie

Suite à la lecture d’autres expériences de mamans, en particulier celles de Mamantestent et The Working Mum, j’ai eu envie de raconter mon histoire, pourquoi j’avais attéris en expat en Afrique…

1 mois déjà, 1 mois que j’ai choisis de quitter Barcelone et changer de vie. 1 mois que je vis en Afrique, que je ne travaille plus en entreprise et que suis devenue maman à temps plein.

Avant ma vie, notre vie, était celle d’un couple citadin. J’adorais mon travail, qui mêlait confiance, responsabilité, équipe jeune et motivée. L’homme travaillait un mois à l’étranger, puis revenait pour un mois de vacances. 5 semaines sans se voir me paraissait une éternité, mais nous aimions ce rythme. J’aimais ma vie de célibataire ponctuée de boulot, shopping, flâneries en ville, sport, restaurants, soirées et j’appréciais que le chéri soit 100% pour moi quand il rentrait (bon là j’exagère, il y avait quand même le surf, le repos, les 20 000 trucs à faire, un homme hyperactif quoi !). C’était bien.

Et puis Miss choufleur est arrivée. Après une longue pause (j’ai été une chanceuse avec 4 mois de congés maternité 🙂 ), je n’avais qu’une envie : reprendre cette vie de « working mum » avec mon bébé. Je voulais plus que tout reprendre le travail et sortir des cycles couches, biberons, siestes, couches, biberons, siestes… Seule ombre au tableau : les absences du chéri. J’allais me retrouver maman solo la moitié de l’année. Pas le choix. Tant pis. J’ai foncé.

La vie a suivi son cours. Les semaines de maman célibataires n’étaient pas si fun. J’attendais impatiemment les retours du chéri. Puis quand il rentrait enfin, c’était à mon tour de laisser ma petite famille à la maison de 8H à 19H. Chaque mois, la séparation était un déchirement, 1 mois d’absence semblait une éternité, d’autant quand on a un petit ange qui évolu si rapidement. On n’avait pas le choix mais je culpabilisais, j’étais si triste de voir le chéri partir avec les larmes aux yeux. Je me rappellerais toujours de ces jeudi soir où je pleurais, de la séparation du vendredi 5H du matin, un bisou à sa puce pendant le sommeil, et hop j’enchaînais la journée de boulot avec le coeur lourd…

Et puis il y a eu le coup de massue, celui où chéri m’apprend que les rotations vont s’allonger, avec plus de temps au travail et moins à la maison. Bref saturation totale. J’ai craqué. On a discuté (on parle beaucoup beaucoup beaucoup). Ce n’était plus possible. J’ai une décision radicale mais qui a en fait était très simple, celle de prioriser ma nouvelle famille. C’était clair: l’important était d’être réunis, peu importe le contexte.

Tout s’est enchaîné : j’ai quitté mon travail, une ville que j’adorais, pour suivre chéri dans sa mission en Afrique.

Je n’ai pas vraiment pris le temps de réfléchir, j’ai agi en suivant mon instinct, mon coeur. J’étais loin de mesurer l’ampleur des changements de cette décision (je ferais un article dédié sur ma vie avant / après).

Ma fille s’est bien adaptée et moi un peu moins comme vous l’avez compris. Après la première semaine d’excitation de cette nouvelle vie, la réalité a repris le dessus et j’ai un peu déprimé (les méchantes hormones ne m’ont pas aidé!). Difficile de passer du statut de working mum, à celui de mère au foyer, même si je l’ai voulu. J’oscillais entre le sentiment d’inutilité et le bonheur d’être là, avec ma fille et mon mari. Tout est différent, plus d’horaires, plus les mêmes repères, les mêmes habitudes, les mêmes amis, les mêmes centres d’intérêts. J’avais sous estimé le changement. J’ai l’impression de m’être protégée, d’avoir transposé un maximum de ma routine dans cette nouvelle vie (dans le but de ne pas me perdre ?). Chose impossible.

Maintenant ça va beaucoup mieux. J’ai compris qu’il fallait que je fasse le deuil momentané de ma vie d’avant, pour réamorcer une nouvelle vie ici. J’ai pris conscience du changement, et plutôt que de le combattre, j’ai envie de m’y adapter et d’en profiter. Cela passera par de la flexibilité, du positivisme, et de l’ouverture d’esprit. Je trouve peu à peu des solutions pour que nous vivions bien mieux, et nos nouvelles habitudes prennent place. Ca fait plaisir !

Et vous, avez vous fait des choix difficiles ?

NB: le titre peut paraître un peu racoleur mais il est réaliste. Je voulais mettre « le jour où j’ai décidé de devenir mère au foyer » mais ce n’est pas vrai. J’ai décidé de changer de vie pour le bien de la famille. Si il avait fallu travailler plus, ou ailleurs, je l’aurais fait. Peut-être ferais-je ce choix dans quelques années ?

6 réflexions au sujet de « Le jour où j’ai décidé de changer de vie »

  1. Je comprends molle fois ta décision, même si ce n’est pas facile tous les jours. Je suis aussi une « working mum » mais j’aurais fait comme toi j’en suis certaines. Rien n’est plus important que le bonheur en famille, même quand cela implique des sacrifices. Et ce n’est sûrement que momentanée !
    Courage..

    • A travers ton commentaire, je me dis que mon billet résonne un peu négativement… Je ne veux pas (ou plus). Comme tu dis le principal est d’être réunis et c’est l’occasion de se bousculer, d’apprendre à vivre hors de son petit cocon. C’est comme ça que j’essaie de le voir maintenant 😉 Des bisous !

  2. Et bein dis donc j’aurais pu écrire cet article !!! J’ai vécu 1 an et demi les rotations aussi… Et puis j’ai aussi décidé de quitter mon CDI pour le suivre, ça a été MA décision aussi, arrivée la bas ça n’a pas été facile non plus… Et puis on finit par se faire « son trou »…. Comme tu dis à un moment les priorités changent et là le plus important c’est que vous soyez réunis 🙂 !!

    • C’est exactement ça, à un moment donné la décision s’est présentée comme une évidence pour tout le monde, et surtout pour moi. Je suis contente de m’être motivée, d’avoir bousculé mes habitudes, ce genre d’expérience rend plus fort hein ? 🙂

  3. Oui et c’est le principal, c’est ce que je voulais. Ca demande beaucoup d’efforts mais c’est enrichissant aussi. On devrait rester entre 1 an et 4 an, l’inconnu en fait 😉

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