Expatriation : mon premier sentiment de l’aide à domicile

J’ai été peu présente ces derniers jours, je suis partagée entre l’envie d’écrire milles choses et celle de ne pas savoir par où commencer… Il faut dire que vivre dans une seule pièce (ça encore ça va du moment qu’il y a internet 😉 ) mais surtout avec un bébé de 1 an qui hurle dès que j’ose poser les yeux mon Macbook, là c’est de suite plus compliqué !

Après presque deux mois de vie Gabonaise, il semblerait qu’on soit prêts à rester ici encore quelques mois voire années. Fini le camping, on commence à essayer d’organiser notre petite vie de famille ici. On se renseigne sur un possible déménagement. Je dois avouer que ne peux déjà plus fermer mes 2 shorts (à seulement 2 mois de grossesse ?! Le veau me direz-vous ? Vous n’êtes pas loin :/), il me reste donc en tout et pour tout… 3 robes dans les placards. Moi qui jouais la fashion victime en Espagne il y a quelques semaines, je suis tombée plus bas que terre le jour où j’ai emprunté un T-shirt du chéri…

On a aussi commencé à visiter des maisons. C’est génial, génial de se dire qu’à moins de 30 ans, je vais avoir l’opportunité d’habiter une maison, où chaque enfant aura sa chambre, un bureau (le rêve ultime), et un jardin. On fait des concessions tous les jours ici, partir si loin a été dur, mais il y a quand même d’énormes contre-parties, dont cette (future) maison.

Malgré tout ça, il y a quelque chose qui me gêne, qui me tracasse. Je m’explique. Ici il y a les gabonais, les expatriés (de tous les continents) ainsi que d’autres africains, venus profiter du faible taux de chomâge et salaires du Gabon. Les « expats » participent à la vie du pays, consomment et surtout, emploient du personnel à domicile. Ici il est normal d’avoir au moins un gardien de maison et une aide à domicile à plein temps (nounou, ménage, aide dans la maison..). Depuis que je suis arrivée, j’observe tout ça de loin, j’oscille entre curiosité et dérangement. J’observe, j’écoute comment les expats parlent à leur « personnel ». D’un côté je me dis que c’est un luxe et que j’aurais tort de m’en priver, d’autant que beaucoup de dames demandent à travailler. D’un autre je ne sais pas comment réagir, parler, manager ces personnes. Je savais qu’ici la vie serait différente, et même souvent « facile » mais je suis dérangée par le fait d’avoir un rapport employeur / employé dans ma propre maison. Alors en attendant j’observe, je regarde comment font les autres. L’aide à domicile d’une amie cherchait un mi-temps pour compléter sa semaine, je lui ai proposé de venir s’occuper de choufleur deux jours par semaine. Pour le moment, j’ai décidé qu’elle ferait juste la nounou, étant encore à l’hôtel je n’ai rien besoin d’autre. Cela me donne l’occasion de mettre un pied dans ce type de relation, de lui compléter son salaire, et d’avoir du temps de libre pour travailler ou sortir. A défaut d’avoir pu l’inscrire à la crèche, miss choufleur verra d’autres visage que celui de sa mère !

Pour en revenir à mes observations, certains propos, réactions d’expats me choquent. Comme la fois où j’allais avoir 10 minutes de retard, et qu’on m’a dit de ne pas l’appeler, qu’il fallait « qu’elle s’habitue« . Comme aujourd’hui où je pars acheter un hachoir et on me dit « tu as une ménagère ? T’embêtes pas, prends une râpe et fais lui faire« . Je sais pas mais ça fait bizarre. En France, si on prend une aide à domicile, c’est au mieux 2H par semaine, avec un programme bien défini. Mais comment occuper quelqu’un à temps plein ? Comment expliquer les choses a quelqu’un d’une culture si différente ? Comment faire confiance ? Comment accepter le fait qu’il y ait quelqu’un chez moi toute la journée ? Quelle relation avoir ? De mon côté, j’ai tendance à faire confiance, à laisser les gens faire d’eux même, à être gentille (comparée à certaines personnes ici). Mais j’ai quand même une petite boule au ventre, celle qui me rappelle ma naïveté, en donnant trop, en oubliant que cela reste une relation employeur / employé.

A côté de ça, il y a des questions que je ne me pose plus. Miss choufleur adore sa nounou, elle lui saute dans les bras quand elle arrive avec le sourire jusqu’aux oreilles. Les africaines (en tout cas celle que j’ai vu avec mon bébé) sont géniales, elles ont un grand esprit maternel, et je suis sereine chaque fois que je la sais avec elle. Je me dis que pour l’instant, c’est le principal.

7 thoughts on “Expatriation : mon premier sentiment de l’aide à domicile

    • Complètement d’accord avec toi. Ici c’est marrant car il y a les mamans qui assument tout à fait, et laissent leurs enfants aux nounous toute la journée, et celle qui ont peur, peur que l’enfant prenne la nounou pour leur mère et qui font donc un rejet total. Je pense qu’il faut un juste milieu, mais c’est intéressant à observer en tout cas 😉

  1. Pingback: la vie de gardien | Talons Hauts...et Petits Pots

  2. Je suis arrivée à Dakar avec les même appréhensions que vous. Finalement la maison étant petite j’ai fait le choix d’un mi-temps. Ce qui est parfait pour nous. Maintenant que nous sommes parents, je dois reconnaitre que pouvoir sortir tranquillement le matin est un luxe!! Mais je suis parfois choquée de la façon dont certains parlent à leur(s) employés. L’idéal est de prendre à l’essai et voir si ça fonctionne pour les deux parties. Ma fatou n’est jamais devenue mon amie (j’ai des cop’s qui entretiennent ce genre de relation) mais nos échanges ont toujours été très cordial et poli.

    • Merci pour ton témoignage. Je pense que tu as raison de garder des distances et des échanges d’employé/employeur. Une relation amicale peut potentiellement déraper à mon avis.

  3. Pingback: Le coup de massue | Talons Hauts...et Petits Pots

  4. Je tombe par hasard sur ce post et il me rappelle tellement les premières réflexions que je me suis faite en arrivant en Afrique! J’ai toujours entendu que le jour ou on commence à parler mal aux gens qui travaillent à la maison c’est qu’il est grand temps de rentrer en france reconnecter avec les réalités 🙂

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